Dans le domaine royal, on se serait contenté de fermer les triangles de remplissage (fig. 66) EDR, DGR, GCR, CFR, par des rangs de moellon posés des formerets ED, DG, etc., aux arcs doubleaux et arcs ogives ER, GR, DR, absolument comme on l’a fait pour le triangle AER. Tant que la voûte de l’Aquitaine et anglo-normande conserva ses arcs ogives très-surhaussés comme ceux de la voûte gothique primitive française, les apparences de ces voûtes furent à peu près les mêmes ; mais, en France, on reconnut, dès la fin du xiie siècle, l’avantage qu’il y aurait à élever les clefs des formerets et arcs doubleaux au niveau des clefs des arcs ogives : 1º pour pouvoir prendre des jours plus hauts ; 2º pour laisser passer les entraits des charpentes au-dessus des voûtes, sans élever démesurément les murs latéraux. On voulut imiter ce perfectionnement dans les provinces anglo-normandes. Là, il se présentait une difficulté : le principe de construction des rangs des moellons de remplissage dérivé de la coupole se prêtait mal à l’adoption de cette innovation. Nous venons de dire qu’un nerf avait dû être posé sous la rencontre des abouts de ces rangs de moellon.